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Récit de notre GTMC 2012 (Grande Traversée du Massif Central à VTT)
Icône cartographie

 Table des matières

I] Préface

II] Parcours

III] Matériel emportéparcours GTMC VTT

IV] Récit du voyage

Jour 1 : Besançon – Volvic via Clermont-Ferrand ~ 25 km

Jour 2 : Volvic - Orcival ~ 55 km

Jour 3 : Orcival - Besse ~ 40 km

Jour 4 : Besse – Boutaresse ~ 40 km

Jour 5 :Boutaresse – Saint-Flour ~ 65 km

Jour 6 : Saint-Flour – Le trailus ~ 18 km

Jour 7 : Trailus – le Sauvage ~ 60 km

Jour 8 : Le Sauvage – Lac Charpal ~ 70 km

Jour 9 : Lac Charpal – Florac ~ 65 km

Jour 10 : Florac – Saint-Énimie par les gorges du Tarn ~ 30 km

Jour 11 : Saint-Énimie – Cabrillac ~ 45 km

Jour 12 : Cabrillac – Dourbies ~ 50 km

Jour 13 Dourbies – La vernède ~ 52 km

Jour 14 : la Vernède – Sète ~ 100 km

Jour 15 : Sète – Montpellier ~ 60 km

V] Conclusion

VI] Statistiques

VII] Retour sur le matériel et le parcours

VIII] Bonus : Vidéo de notre GTMC VTT

 

Le PDF de l'aventure est disponible en télchargement : GTMC VTT 2012, le récit en PDF (5mo).


I] Préface

La GTMC, quatre lettres lourdes de sens pour les vététistes adeptes des voyages itinérants. Pour les non connaisseurs, il s'agit de la Grande Traversée du Massif Central.

A l'instar de la Grande Traversée du Jura (GTJ), cette grande traversée va nous emmener au cœur d'une région géologique, d'un massif montagneux au cœur de la France.

Au départ de Clermont-Ferrand et à destination de Sète, ce voyage aussi beau que physique va nous faire traverser des départements tous aussi incroyables et diversifiés les uns que les autres et trop souvent méconnus. Venez à la découverte d'une aventure humaine dans ce « pays » de caractère qu'est le massif central.

 

II] Parcours

Le parcours suit en théorie la GTMC (Grande Traversée du Massif Central) tel que défini dans le guide édité par la société Chamina. Le départ s'effectue donc de Clermont-Ferrand, la capitale de l'Auvergne et part s'échouer sur la plage de Sète. En toute logique, on devrait donc uniquement descendre car la mer se situe au niveau zéro...malheureusement ou heureusement - c'est selon - le massif central est là, bien présent et ne se laissera pas franchir sans se laisser faire. Il nous faudra donc parcourir environ 700 kilomètres et gravir 13000 mètres de dénivelé positif pour boucler cette traversée ! Nous sommes partis le 15 Mai en train à destination de Clermont-Ferrand et avons roulés une quinzaine de jours. Le retour s'est effectué quant à lui en train, depuis Montpellier.

Le profil d'altitude du tracé avec les quelques repères spatiaux

 Profil d'altitude de la GTMC (Grande Traversée du Massif Centralà à VTT

Vous trouverez également le parcours en passant par la cartographie du voyage. Malheureusement, le tracé sera intégral seulement au début car à partir de Saint-Flour, le GPS nous a subitement lâché (à cause d'une météo exécrable). De ce fait, nous ne pourrons que vous donner une idée de notre parcours avec un tracé bien moins détaillé fait à partir de nos notes et nos souvenirs. Vous pourrez tout de même voir ce tracé avec des photos géolocalisées en passant par la cartographie du périple de la GTMC !

III] Matériel emporté

Afin de vous donner une idée du matériel que nous avons emporté pour ce voyage à vélo, nous vous avons concocté un tableau récapitulatif pour chacun d'entre nous. De mon côté, j'utilise une remorque, la fameuse Beez. Florence quant à elle part avec des sacoches Vaude Aqua Back plus. N'hésitez pas à lire l'article qui traite du choix du type de portage afin de vous faire une idée.

 

Nom du matériel Pourquoi ce matériel ? Poids (kg)
Matériel de Loïc
VTT Lapierre Pro race 300 Un VTT léger, efficace et bien équipé. 11
Casque Giro XAR Un très bon casque, bien aéré 0,32
Chaussures VTT automatique vaude RIDGE AM Bonnes chaussures VTT avec lacets et scratchs 0,6
Remorque Monoroue Beez 2012 + axe de rechange + sac
Une remorque made in France, tout terrain 6.1
Sac à dos Vaude alpin 25+5 l Pour porter quelques affaires sur mon dos et ma
Poche à eau.
1.1
Poche à eau source 2 l + 1 gourde 1l Hydratation et repas 0,2
Tente vaude Taurus UL XP Une conception unique pour un poids plume 1,8
Tapis de sol Exped SyntMat UL 7 tapis de sol gonflable, léger et efficace 0,4
Sac de couchage Triple Zéro Ansabère 400 Sac de couchage haut de gamme chaud et léger 0,75
Sac à viande en soie Pour protéger le duvet et augmenter la température 0,05
Sac compression exped Pour compresser des vêtements et le duvet
(permet également de gonfler le matelas)
0,19
Réchaud à bois Kuenzi NG + briquet primus +papier journal Moins de pollution, produit Suisse efficace
et léger pour trois semaines.
0,5
Frontale Pour les soirées de bivouac 0,05
Caméra Drift HD + 2 batteries et carte 32 go + carte de 8go Pour monter un petit film de notre GTMC 0,2
Appareil photo Panasonic
GF1 + pancake 18-55mm + carte mémoire SD 32 go
Appareil photo ayant un bon compromis entre
un relfex et un bridge. Possibilité de changer les
Objectifs.
0,6
Popote MSR Titan 2 + 2 gobelet pliables Popotte titane très légères et minimalistes. Le top. 0,27
SEA TO SUMMIT Serviette MICROFIBRE Serviette légère grande et absorbante 0,11
Topeak Alien 3 L'arme ultime pour le bricolage du vélo 0,3
Chambre à aire vélo et remorque En cas de crevaisons
Une patte de dérailleur lapierre pro race 300 En cas de casse de cette pièce fragile
Vêtements 1 veste de pluie vaude slight jacket
1 pantalon de pluie Vaude drop pants
Sur-chaussure de pluie Vaude
1 short,
1 pantalon,
1 cuissard,
1 t-shirt manche longues merinos
1 t-shirt manches courtes merinos
1 veste softshell
1 doudoune antza
2 caleçon
2 paires de chaussettes
Sous-vêtements thermique Damart Sport
Claquettes légères pour le bivouac
2,5
Couteau carcajou Couteau de survie utile pour le feu et la vie quotidienne 0,3
Argent liquide chèque et cb Pour les achats 200 € en liquide et 5 chèques et cb
Lunette de soleil g3 gloryfy Pour les moments ensoleillés 0,2
GPS Colorado 300 + 12 piles Pour la trace et l'orientation 1
Chargeur de piles Pour recharger les piles 0,3
1 cahier + 1 stylo Pour écrire le carnet de bord 0,05
1 téléphone Éteint utile seulement en cas de souci 0,2

Total : 29,00 kg

Comme je le disais, j'emporte la remorque Beezpour ce trip en VTT de trois semaines. La Beez est une remorque monoroue qui se comporte très bien en tout terrain. Ses capacités sont dues à sa légèreté mais aussi et surtout grâce au plateau en lamellés-collés (bois). La souplesse du bois permet de ne pas faire sauter la remorque. L'avantage de la suspension sans les inconvénients ! Le reste du matériel permet d'être autonome lors de nos bivouacs (tente, duvets, popote...), assurer la réparation du vélo et de la remorque, s'orienter, prendre des photographies et se changer selon les conditions climatiques.

 

Matériel de Florence
VTT Lapierre Pro Tecnic 700 Lady 2009 Un VTT léger, efficace et bien équipé. 11,5
Casque Giro PHASE
Un très bon casque, bien aéré 0,32
Chaussures VTT automatique Bonnes chaussures VTT avec lacets et scratchs 0,5
Sac à dos Deuter 30 l Pour porter quelques affaires sur mon dos et ma
Poche à eau.
1
Porte bagage Axiom Rear Disc Pour porter ses sacoches 1
Sacoches Aqua Back plus Vaude Sacoches imperméables, le must de la sacoche 2.4
Poche à eau source 2 l + 1 gourde 1l Hydratation et repas 0,2
Tapis de sol Exped SyntMat UL 7 Tapis de sol gonflable, léger et efficace 0,4
Sac de couchage Triple Zéro Ansabère 600 Sac de couchage haut de gamme chaud et léger 0,95
Sac à viande en soie Pour protéger le duvet et augmenter la température 0,05
Sac compression exped Pour compresser des vêtements et le duvet
(permet également de gonfler le matelas)
0,19
Vêtements 1 veste de pluie vaude slight jacket
1 pantalon de pluie Vaude drop pants
Sur-chaussure de pluie Vaude
1 short,
1 pantalon,
1 cuissard,
1 t-shirt manche longues merinos
1 t-shirt manches courtes merinos
1 veste softshell
2 paires de chaussettes
Sous-vêtements thermique Damart Sport
Claquettes légères pour le bivouac
2,5
1 téléphone Éteint utile seulement en cas de souci 0,2
Topo guide GTMC Pour l'orientation et la préparation des étapes 0,5
Argent liquide chèque et cb Pour les achats 200 € en liquide et 5 chèques et cb
Lunette de soleil à sa vue Pour le soleil
Trousse de toilette/secours Hygiène et premiers soins 0,2
Patte de dérailleur pour lapierre tecnic 700 2009 En cas de casse de cette pièce fragile 0,02
Réchaud gaz SOTO OD 1R + 1 bouteille gaz 100g Léger efficace pour les journée pluvieuses 0,3
Frontale Pour les soirées de bivouac 0,5
SEA TO SUMMIT Serviette MICROFIBRE Serviette légère grande et absorbante 0,11
Chambre à aire vélo + pompe + rustines & colle En cas de crevaisons
Livre + bloc notes et crayon Se divertir
0,02

Total : 22,74 kg

 

Florence mise sur la solution qu'elle connaît bien pour porter ses affaires. Un porte bagage avec des sacoches Vaude Aqua Back plus et un camelback. L'avantage d'être à deux, c'est de pouvoir mutualiser tout un tas de choses essentielles et d'autres moins. Ainsi, elle porte aussi bien du matériel pour le bivouac que pour l'orientation ou le loisir.  Ainsi, elle porte un petit réchaud à Gaz Soto pour les journées trop humides, la trousse de secours pour les petits bobos et bien d'autres choses que vous trouverez dans la liste ci-dessus.

Concernant ces listes, nous sommes bien-sûr ouvert aux remarques. Vous pouvez commenter l'article ou participer sur le sujet dédié à ce périple sur le forum. Discussions de la GTMC VTT sur le forum de partir-en-vtt.

IV] Récit du voyage

Comme toujours, c'est avec un réel bonheur que nous partageons avec vous le récit de ce voyage itinérant à VTT. La GTMC, ne laisse personne indifférent, elle est un concentré d'émotions et ce des Puys à la méditerranée. De notre côté - par chance -, nous nous en sommes sorti bien vivants mais pas indemne de souvenirs. D'ailleurs, comment pourrait-il en être autrement ? La beauté et l'incroyable diversité des paysages, le patrimoine naturel et humain que renferme ce vaste territoire et sans nul doute un des plus riche de France et de Navarre. Nous vous invitons donc à prendre quelques minutes de votre temps pour découvrir ce que nous avons vécu au quotidien au travers de cet écrit. Les photographies et les vidéos prises tout le long de notre aventure viendront imager au mieux notre vécu et les particularités rencontrées. En espérant vous voir nous imiter, nous vous souhaitons un bon voyage au cœur de la GTMC VTT, Flo & Loïc.

Panorama sur la ville de Clermont-Ferrand

Panorama ville de Clermont Ferrand

 

Jour 1 : Besançon – Volvic via Clermont-Ferrand ~ 25 km

Départ en TER

Vélo dans le TERAu petit matin du mardi 15 mai, nos vélos sont prêts à partir en direction de la gare de Besançon. Par chance, nous le sommes aussi. Il faut dire que nous attendions ce moment depuis plusieurs mois. Chez nous, le voyage débute à la fermeture de la porte de notre appartement. Aux premiers coups de pédales, nous sentons que l'aventure va être exigeante mais qu'avec du temps, de la volonté et un peu de chance, nous y arriverons. Qu'importe après tout, nous sommes en vacances et nous verrons bien ce que nous réserve ce parcours mythique qu'est la GTMC. Trois semaines de liberté, de bonheur « bicyclétale » et d'émotions fortes nous tendent les bras ou plutôt, les roues et les jambes ! Comme vous le savez très certainement, le départ de la GTMC s'effectue depuis Clermont-Ferrand, ville connue pour son « bibendum » et ses pierres noires issues des volcans avoisinants. Mais avant de parvenir au départ, il nous faut « affronter » l'épreuve de la SNCF.

Ah cette fameuse SNCF, qui même en 2012 - alors que l'on parle de développement durable à tous les râteliers - ne fait guère d'efforts pour faciliter la vie des cyclistes et autres voyageurs chargés. Avec la SNCF, le plus difficile, c'est d'effectuer les changements de trains en montant puis descendants les quais et les trains par les escaliers. C'est un travail d'équipe et il est agréable de pouvoir compter sur l'autre pour aider et surveiller les affaires. Garder son calme est aussi un atout mais ce n'est pas chose facile devant tant d’inconsidération. Pour arriver à bon port, il nous faudra effectuer trois changements - au lieu des deux prévus, ils sont joueurs... - et affronter nombre d'escaliers ardus avant de pouvoir rouler dans les rues de la capitale auvergnate. Cette première épopée est une étape du voyage à part entière, fatigante tant physiquement que psychologiquement.

Cathédrale de Clermont Ferrand

Cathédralde de Clermont-FerrandNous arrivons vers 14 heures à la gare de Clermont-Ferrand et passons par la cathédrale et l'office du tourisme afin de récupérer la carte de la ville. La voiture, présente partout, laisse peu de place pour le cycliste mais quelques bandes cyclables commencent à percer ci et là. La vélorution est en marche mais il reste beaucoup à faire. Flo prend la gestion de la carte et fait en sorte de nous sortir rapidement de la zone urbaine. Ici, nous ne trouvons aucun balisage, ce qui est assez dommage car ce n'est pas toujours facile de s'orienter. Bientôt, nous montons assez rudement pour atteindre les hauteurs de Clermont-Ferrand. Plus loin, nous accrochons le balisage et grimpons sur un belvédère qui nous fait prendre conscience de l'ampleur de la ville.Eau de volvic à la source Il s'agit de la dernière « grosse » ville que nous rencontrerons avant Sète. Nous entrons alors dans le vif du sujet en prenant la direction de Volvic, bourg célèbre pour son eau embouteillée.

Au préalable, nous rencontrons un vététiste avec qui nous discutons de notre périple. Il nous souhaite bonne chance et nous dit qu'il est envieux et qu'avec son âge, ce serait difficile... à cœur vaillant rien d'impossible ! Nous le laissons pour une descente copieuse et arrivons à Volvic où nous ferons de petites courses et remplirons nos gourdes dans la fontaine à l'angle de l'office du tourisme. L'eau de volvic gratuite en poche, nous repartons vers une nouvelle montée costaude. Nous ne tardons pas à pousser à cause d'une pente accusant un méchant 20 %. Plus loin, une nouvelle grimpette tout terrain finie par nous achever et sur la crête, nous trouverons un emplacement pour planter notre bivouac. Le temps est incertain et nous ne tardons pas à monter la tente et à faire le feu dans notre réchaud. Nous avons fait 25 kilomètres mais dix de plus pour rejoindre la gare à Besançon. Nous nous endormons et commençons à prendre conscience que la GTMC est véritablement lancée. Demain, nous attaquerons les puys et espérons un temps clément.

À la source! Eau de Volvic

Jour 2 : Volvic - Orcival ~ 55 km

Puy de Dôme

Le Puy de Dôme

En ce second jour de notre GTMC, le réveil est donné à 6 heures 30 par le soleil qui vient frapper notre tente. Le soleil était inattendu du fait de la pluie tombée en fin de soirée. 7 heures, nous sommes debout, plein de fougue. Le feu crépite déjà pour chauffer notre petit déjeuner. Le départ est quant à lui donné vers 8 heures après avoir plié notre barda. De suite, le chemin accuse une montée féroce mais cela permet de nous réchauffer car ce matin il a gelé et le vent du nord nous mord les doigts. Bientôt, nous arrivons sur un plateau et nous commençons à entrevoir l'objectif de notre journée, à savoir les puys. Le temps commence à se couvrir et nous poursuivons sur un chemin sympathiquement plat où nous mettons les bouchés doubles. Enfin, nous bifurquons pour prendre la direction du Sud. Cela permet d'avoir le vent dans le dos et psychologiquement c'est motivant car c'est le cap de notre objectif final, la mer ! Nous voilà à 1000 mètres d'altitude, le froid et la faim me tiraille.

Les chemins sont délicieux et ces derniers nous font croiser moultes animaux sauvages dont un renardeau magnifique. L'endroit est calme et soudain, nous faisons face au puy de Dôme. Majestueux et imposant nous l'avions vu depuis Clermont-Ferrand. Au pied du fameux puy, après une descente féroce et technique (après le col de Ceyssat), nous trouvons vers midi un restaurant où nous ferons le plein d'énergie. Flo se lance dans un plat typiquement léger du coin, la « Truffade ». Ne cherchez pas, point de truffe mais du bleu d'Auvergne et des patates. Le tout doré dans une poêle, accompagné de charcuterie du pays. Nous parcourons la route alors que le compteur affiche 40 kilomètres mais il est tôt et les journées sont longues. Flo a un souci avec son frein arrière . Le bruit métallique ne présage rien de bon. Il s'agit du ressort des plaquettes de freins qui s'est tordu et qui vient frotter sur le disque. En quelques instant, nous changeons les plaquettes et reprenons la route. Règle N°1, toujours penser à prendre un jeu de plaquettes de freins pour la GTMC ! De fil en aiguille, nous bouclons presque une troisième étape et installons notre second bivouac dans un champ juste au dessus d'Orcival. Nous avons le soleil mais à 1000 mètres d'altitude et un vent du nord, le froid est de mise !

Chaîne des puys en panorama

Chaîne des puys

Jour 3 : Orcival - Besse ~ 40 km

En ce jeudi, nous démarrons vers 8 heures 30 après une nuit ventée. La tente résiste bien. Le soleil, présent au début, est vite rattrapé par de gros nuages et nous craignons la pluie. Il n'en sera rien. Le chemin nous emmène Approvisionnement accrobatiques en eauvers une belle grimpette mais moins grosse que prévue car la veille, nous avons trouvé un chemin nous évitant de descendre sur Orcival. Nous l'avons joué fine sur ce coup. A propos, en aucun cas il était prévu de suivre à la lettre le parcours et il appartient à chacun de construire sa GTMC selon l'envie, sa forme et la météo du moment. La vue sur le puy de Sancy (1889m) est somptueuse et des névés de neige persistent sur ses flancs. Après une nouvelle montée, nous rentrons en forêt et une récente tempête a fait s’abattre une ribambelle d'arbre qui nous barrent le chemin. Nous entamons alors une « mission commando » pour essayer de passer tant bien que mal. Bien-sûr, l'endroit est empli de ronces. Nous luttons une bonne demi-heure avant de retrouver le chemin puis la route en direction du lac de Servières. Nous sortons complètement vidés de cette épreuve. Il y en aura d'autres mais celle-ci fera sans doute partie des plus ardues !

Approvisionnement en eau acrobatique

Avant d'atteindre le lac d'altitude, nous faisons une pause au bistrot du coin. Un chocolat chaud et une crêpe viennent nous remonter le moral. Impossible d'avoir un croissant par ici, on se fait traiter de parisien... Ah parce que les crêpes sont Auvergnates, j'oubliais ! L'humour est spécifique par ici et il faut parfois un moment avant de briser la glace. Pour autant, jusqu'à présent, nous avons rencontrés que des gens sympathiques et serviables. Il y a même une dame qui s'est arrêtée en voiture pour nous demander si on était perdus...royal. Nous repartons avec la pêche en direction du lac où justement de nombreux pêcheurs pratiquent leur loisir favoris dans un lac de cratère situé à 1202 mètres d'altitude. Tout simplement fabuleux.

Le lac Servières (Auvergne)

Lac Servières

Il fait gris et froid et nous continuons vers la forêt qui nous emmène à Pessade (enfin... car nous suivions la direction depuis belle lurette). Nous entamons la seconde étape roulante et panoramique. Le puy de Sancy se rapproche, il est magnifique. Dans un petit village, nous trouvons enfin une fromagerie où nous achèterons un demi Saint-Nectaire fermier. Délicieux mais lourd (3,5 kg). Directement du producteur au consommateur ! Nous roulons maintenant vers le lac de Chambon mais avant, une descente très rude (certainement la plus pentue de toute mon expérience de vététiste) fait couiner les freins et j'évite de justesse une chute. Je termine le reste à côté du vélo... Le lac arrive, nous le contournons. L'endroit est superbe mais touristique et même pas un « chambon-beurre »  pour se ravitailler... ! Nous engageons alors sur une nouvelle montée. De rude, elle se transforme en infernale et nous débouchons en sueur sur le bourg de Saint-Victor-la-Rivière. Il fait chaud et je commence à fatiguer méchamment. Pour autant, nous continuons un poil pour arriver au village de Besse. Vous avez certainement entendu parlé de la station Super-Besse, et bien il s'agit du village touristique servant de camp de base aux skieurs. Superbe endroit où de très bonnes choses à manger sont disponibles. Avec notre appétit féroce, nous jetons notre dévolu sur nombre de magasins. Fromages, charcuteries et autres gourmandises viendront alourdir nos sacs et sacoches ! La « Grande » Traversée du Massif Central se transformait-elle en « Gourmande » Traversée du Massif Central ? Sans doute ! Si vous souhaitez perdre du poids, c'est peine perdue. Ici, il s'agit de prendre du bon temps. Nous trouvons un petit hôtel tenu par un jeune couple où nous serons bien accueilli . Une bonne douche commençait à nous faire envie !

Le puys de Sancy en panorama

Vue sur le Puy de Sancy

Jour 4 : Besse – Boutaresse ~ 40 km

Lac Pavin

Le lac Pavin, lac de cratère de volcanComme supposé, la nuit fût agréable à l'hôtel des charmilles et le jeune couple très accueillant, nous a encouragé avant le départ. Le temps est très incertain mais avant toute chose, nous partons en quête d'un bon croissant et d'une baguette au bleu d’Auvergne et au lard. (le voyageur à vélo a toujours faim de bonnes choses...). Puis, nous reprenons la GTMC en direction du lac Pavin grâce à un riverain bienveillant. La montée ne fait que commencer et nous peinons pour arriver au fameux lac. Arrivés à l'objectif nous rencontrons deux randonneurs avec lesquels nous engageons la discussion. Ils effectuent une marche de sept mois en direction de l'Espagne et traversent le massif central.Très sympathiques, nous les quittons sous un temps maussade. Nous rentrons alors en forêt où une descente magnifique nous offre un moment de détente et de liberté. Cette dernière nous emmène au lac de Montcineyre non sans avoir franchit un gué qui nous mouille copieusement.

Gué avant le lac Montcineyre

Passage d'un gué avec un VTTPar la suite, une sente forestière joue avec nos vélos sur un parcours en montagnes russes, nous nous régalons. Bientôt, nous arrivons dans un champ et perdons la trace, nous poussons en forêt pour trouver un chemin qui n'est pas le bon. Nous le suivons tout de même et finissons par arriver à la Godivelle non sans un petit détour (et des mots doux aux arracheurs de balisage...). Il fait terriblement gris mais nous continuons sur la neuvième étape annoncée difficile. Nous sommes en plein cœur du Cézalier. Après quelques petites hésitations et un demi tour, nous finissons par trouver un chemin improbable à travers champs.

Avec un vent de face tenace, nous poussons (non sans râler...) et montons, montons en direction du lac de Saint-Alyre. Mais avant de l'atteindre, il nous faudra affronter une échelle en bois pour passer un parc à bestiaux et une mare coupant le chemin. A droite un barbelé et à gauche un fil électrique nous empêchent de pédaler, il faut tout de même passer ! Nous débouchons sur le lac avec une vue « Islandaise ». Une vue grandiose, totalement déserte et nous deux, ici, perdus en plein milieu de la France. Quelle sensation, un grand moment de solitude et d'aventure. Je n'avais jamais vécu une telle sensation. Le Cézalier dans toute sa splendeur. Plus loin, nous traversons Jassy et arrivons à Boutaresse où nous trouvons un pré en plein milieu de centaines de jonquilles pour installer notre campement. Le soleil est de retour, le paysage est splendide, la nuit s'annonce propice au repos. Espérons le, car demain, un bon col nous attend de pied ferme.

Passage difficile VTT

Passage serré dans le Cézalier

Panorama du lac de Saint-Alyre (Cézalier)

Le lac Saint-Alyre

Jour 5 :Boutaresse – Saint-Flour ~ 65 km

Les salers s'abritent

Salers, vaches sous un arbreLa nuit fût très très venteuse et le sommeil a de ce fait été léger. Nous nous apprêtons à repartir quand soudain, au loin, de gros nuages noir d'orage se positionnent sur le col à franchir. Nous décidons d'attendre une amélioration. La tente est remontée de justesse pour éviter l'averse. Une accalmie nous permet de partir afin de grimper un col routier de 1291 mètres. Je donne le rythme. Mais la grimpette n'est pas finie pour autant et un chemin de terre nous emmène vers un second col d'une hauteur de 1476 mètres. Nous remontons une vallée dantesque totalement dénudée. On y aperçoit tout le mal d'une montagne soumise à l'érosion galopante, les dévers se font ronger par les précipitations. Le vent souffle mais le temps se maintient et nous arrivons tant bien que mal au panneau du col. C'est une belle victoire, un des plus hauts cols que nous auront à franchir. En récompense, une belle vue s'offre à nous sur un paysage somptueux mais d'une rudesse extrême. A notre droite, le massif du cantal est encore enneigé. Le ciel bleu attire nos roues et nous passons d'un climat froid à plutôt chaud et ce changement est plus que bienvenu. Nous fonctionnons pour partie au soleil, pour partie grâce à la nourriture (une grosse partie étant ici du fromage, de la charcuterie, le chocolat étant un bonus) et à l'eau. Les découvertes et les rencontres sont nos autres leitmotiv.

Champ de jonquilles dans le Cézalier

Jonquilles dans les champs du CézalierUne descente folle s'engage face à un vent terrible qui nous oblige à pédaler pour arriver dans un petit village où nous rencontrons un randonneur effectuant le tour du Cézalier. Ce dernier n'est pas très bavard Arrivés à Allanche, nous faisons le plein de provisions et quittons la charmante petite bourgade par une belle montée en direction de Neussargues.

La pause casse-croûte est effectuée en forêt, nous profitons du temps clément. Un single track d'enfer nous fait goûter aux joies du VTT même avec notre chargement avant d'y arriver. La petite ville nous permet de nous relancer vers une nouvelle ascension. Nous entamons alors notre quatrième étape journalière en direction de Saint-Flour. Le temps se dégrade et nous roulons sur un plateau dénudé où de belles vaches paissent en toute quiétude. Nous passons devant un château assez somptueux et atypique ainsi qu'une église superbe et arrivons au pied de Saint-Flour.

Château de Saillant

Château de SaillansNous décidons d'effectuer un arrêt « douche » en trouvant uniquement – à notre grand désespoir – un hôtel dans le centre ville. Un bon repas local permet de calmer nos ardeurs et fantasmes culinaires. Le soir, en regardant la météo, nous voyons - avec effroi - que les trois prochains jours sont classés « alerte orange » par Météo France.

 

Orages, précipitations importantes sont prévues, un menu trop épicé à mon goût. A force de se frotter à la pluie depuis le début, elle a fini par nous rattraper et pour sûr, nous allons déguster sévère ! Pour demain, l'idée est de rejoindre un petit village pour trouver un gîte plus accueillant...

 

Panorama sur le Cézalier

Après le Col de Chamaroux

Jour 6 : Saint-Flour – Le trailus ~ 18 km

Grosse pluie dans le village du PirouAprès avoir pris connaissance de l'alerte orange sur le département du Cantal, mais désireux d'avancer afin de quitter Saint-Flour, nous prenons comme objectif d'atteindre le lieu dit « Le Trailus ». La distance est faible (~18 km), mais au petit matin, nous ne pouvons que contempler les « dégâts ». La pluie tombe de façon diluvienne. Même en patientant quelques peu, aucun changements. Vers dix heures, nous affrontons le déluge pour quitter la ville. La route se transforme par endroit en rivière et l'eau glaciale nous transit de froid. On se fait encourager à plusieurs reprises, forçons nous tant que ça le respect ? Est-ce si difficile de partir en vélo ? Je ne le pense pas. Il suffit de franchir le pas. Nous donnons le meilleur de nous même pour atteindre Saint-George et le lieu dit « Le Bout-du-Monde », le fameux !

Plus loin, après avoir descendu un chemin caillouteux, la pluie redouble d'intensité juste avant d'emprunter une route nationale montante. Les voitures nous frôlent sans respect. L'orage se met à gronder au dessus de nos têtes, il ne fait pas bon rester par ici. Nous arrivons trempés au village du Pirou où rien n'est disponible pour nous abriter. L'ascension de cette nationale sous l'orage fût une véritable épreuve de force. Gelés, nous décidons de repartir par la route afin de raccourcir la distance qui nous sépare de l'Auberge que nous avions préalablement contactée. Une nouvelle grimpette nous fera monter vers Ruardes-sur-Margeride mais l'effort n'est pas fini. Une petite route à forte déclivité nous emmène tant bien que mal à l'auberge la Verpillière (labellisée GTMC). Nous y arrivons complètement trempés. Nos capacités ont été mises à rudes épreuves. L'accueil à l'auberge est bonne et les vélos sont mis à l’abri. La journée fût courte mais terriblement difficile. Même le GPS a souffert de ce climat extrême, il semble avoir bu la tasse...moyen pour un GPS annoncé étanche. Le lendemain, les conditions climatiques sont similaires et nous décidons de prendre une journée de repos dans la douillette chambre. Nous espérons une amélioration le surlendemain, et pourtant...

Jour 7 : Trailus – le Sauvage ~ 60 km

Tour de la Clauze

Tour de la Clauze...Et pourtant, le climat n'a pas bougé d'un yota et nous décidons de partir car l'hébergement commence à nous coûter cher. De plus, il faut avancer, la suite n'attend que nous ! Étant donné les conditions exécrables (il a plu 100 mm rien que cette nuit), nous décidons d'emprunter des petites routes pour avancer. Le brouillard, la difficulté du mont Mouchet et la perte du GPS font en sorte de nous décider à ne pas tenter le diable. De plus, à quoi bon monter pour se retrouver la tête dans le brouillard ? Le massif de la Margeride (lieu de la bête du Gévaudan) semble ne pas vouloir nous accueillir chaleureusement. Tant pis, nous montons tout de même sur nos montures avec l'étonnement du propriétaire des lieux. Nous nous équipons le mieux possible, veste et pantalon de pluie ainsi que les sur-chaussures.

Nous ressemblons à des extra-terrestres ! La petite route nous emmène dans un premier temps vers Paulhac-en-Margeride. La pluie, le brouillard et le vent (parfois simultanément) ne nous lâchent pas. Le déluge nous fait nous arrêter à la ClaviGîte d'étape le Sauvageère pour faire le plein de carburant et prendre un chocolat chaud avec du lait frais au goût totalement différent de notre lait industriel. La suite nous embarque sur une montée longue de dix kilomètres. Nous arrivons enfin à Paulhac (prononcez « paulliac ») et nous nous arrêtons trempés dans un bistrot qui nous propose un menu du jour très correct. Le propriétaire a semble t-il pensé à nous en allumant la cheminée et nous en profitons pour sécher nos affaires et notre cœur. Nous avons « enfin » trouvé un climat trop rude pour les vestes Vaude qui ont laissé par endroit s'infiltrer la pluie.

Nous continuons sur la départementale déserte et roulons à 40 km/h pendant un bon moment. Mais la récréation est terminée lorsqu'il faut de nouveau monter en direction de Grèzes puis de Chanaleilles. Nous n'avons plus de GPS et la carte présente sur le topo-guide ne couvre pas notre secteur. Nous nous renseignons dès que nous pouvons. Aux portes de Chanaleilles, le temps s'est amélioré et nous avons même le droit à deux secondes de soleil ! Nous rencontrons deux randonneurs parcourant un morceau du GR65 (chemin de Compostelle). En discutant, nous nous rendons compte que nous dormons au même gîte d'étape situé au lieu dit le Sauvage. Bientôt, la pluie fait son retour et un col nous fait grimper en direction du Sauvage. Flo en a assez et fini par pousser, j'en fait de même. Nous débouchons enfin sur le col. Un chemin en terre nous fait finalement arriver à l'excellent gîte d'étape (un vrai pour une fois) où nous dormirons avec deux randonneurs ayants subit les foudres du climat tout comme nous. Le temps est maussade et nous sommes heureux de trouver refuge à quasi 1300 mètres d'altitude. Le gîte d'étape propose une pièce commune géniale toute équipée pour cuisiner et une belle cheminée pour tout faire sécher. Le paradis du voyageur itinérant pour 13 € par personne ! Aujourd'hui, nous avons quitté le Cantal pour la Haute-Loire. Nous reviendrons en Lozère demain. Que de départements traversés et quelle journée difficile !

Jour 8 : Le Sauvage – Lac Charpal ~ 70 km

La nuit au gîte le Sauvage fût agréable malgré quelques ronflements du collègue marcheur. L'amélioration climatique attendue n'a pas souhaité faire son apparition sauf qu'il ne pleut plus (ne nous plaignons pas...). Par-contre, un brouillard dense nous laisse circonspect. Nous décidons de tenter le chemin GTMC mais rapidement nous nous retrouvons dans un jour blanc et les balisages sont arrVaches dans le massif de la Margerideachés (merci aux idiots n’ayant que ça à faire...). Nous prenons le mauvais chemin et étant donné que la journée doit nous faire passer par les crêtes le tout sans GPS, nous faisons un demi-tour stratégique. Nous repassons donc au Sauvage et prenons la route en direction de Saint-Alban via le GR4. La route nous y glisse aisément, grâce à une gravité favorable. A Saint-Alban, nous achetons une carte au 1/200000 (1cm représentant 2km) pour regagner le lac Charpal par les petites routes.

Ainsi, pour éviter la nationale, nous quittons la petite ville en direction de Saint-Denis-en-Margeride. La route ne fera que monter sur 11 kilomètres. Arrivés à Saint-Denis, nous prenons une petite route montant sévèrement qui nous fera basculer sur l'autre versant. Le physique commence à baisser de l'aile mais l'idée de rejoindre le lac Charpal est ancrée en nous. Nous continuons donc en direction de Rieutord et une merveilleuse descente nous y emmène. Nous pouvons enfin apercevoir le magnifique massif de la Margeride qui nous a réservé quatre jours de galères. A Rieutord, nous prenons une friandise à la boulangerie et continuons vers le Lac Charpal en suivant la Départemental 1. Ah, la fameuse D1, celle qui nous fera monter et descendre jusqu'à 1400 mètres pour atteindre (enfin) le lac Charpal. Il a su se faire attendre le bougre et le brouillard commence à l'engloutir lorsque nous y arrivons. Une photo et nous partons en quête d'en emplacement de bivouac. Ici, il est interdit de bivouaquer mais nous trouverons plus loin un morceau de prairie où notre petite tente se positionnera parfaitement. Personne ne viendra nous embêter et de toute manière, il aurait fallu une grue pour nous déplacer tellement la fatigue du jour nous a assommé. Il fait gris et froid et nous ne traînons pas pour trouver refuge dans notre tente Vaude Taurus Ultralight XP. Par chance, nos duvets Triple Zéro Ansabère 400 et 600 nous tiendront bien au chaud. Demain, nous espérons une amélioration pour franchir le mont Lozère, là où l'itinéraire n'est pas balisé...dur, dur la GTMC !

Le lac Charpal

Lac Charpal

Jour 9 : Lac Charpal – Florac ~ 65 km

Chemin transformé en lacEn ce jeudi, nous espérions le retour en force du beau temps car notre moral commençait tout doucement à être en berne. A 6h45, le jour nous réveille et la couleur de la tente n'augure rien de bon pour le climat. Le vent a tourné et nous a rapporté tous les nuages des jours précédents. D'ailleurs, les coups de vent ont été parfois très violent. Serions nous maudit ?

Il fait froid et humide mais nous partons après le petit déjeuner sur une route transformée en rivière du fait des énormes précipitations des derniers jours. Plus loin, autre cauchemar, nous faisons face à un chemin qui s'est transformé en étang. Faut-il être en amphibie pour faire la GTMC ? Ce passage délicat passé, nous entamons une descente ludique sur un chemin caillouteux puis très doux. Le massif central est un agrégat d'extrêmes. La direction nous emmène ensuite vers le mont Lozère. Nous pouvons apercevoir les montagnes au loin qui sont malheureusement recouvertes de brouillard. Mais par chance, petit à petit, le ciel s'éclaircit. Nous passons devant un château à Tournels juste avant Bagnols-les-Bains.

Château de Tournels

Château de Tournels

A notre grand regret, nous n'irons pas dans cette ville thermale car nous avons décidé d'emprunter les petites routes pour franchir le col de Finiels. En effet, à quoi bon prendre les chemins alors que nous savons que nous risquons de pousser les trois quarts de la montée ? Autant rouler sur les petiVoyageurs à vélo devant le panneau du col de Finiels (1541m)tes routes et profiter du paysage ! Passés le tunnel, nous engageons la montée en direction du Mas d'Orcière puis du Mazel. Nous remontons de très jolies gorges mais la pente se laisse facilement dompter, du moins au début. Effectivement, une grosse montée pointe son nez et nous fait passer une jolie bute...que nous redescendons juste derrière, c'est raté pour le gain d'altitude ! Nous déjeunons en bas avant de nous lancer sur l'ascension final du col de Finiels. Le soleil a fait son come back et la chaleur aussi...mais cela faisait plus de quatre jours que nous faisions des prières au Dieu Soleil qu'il revienne de notre côté, alors il est interdit de se plaindre.

Le col nous fait monter en lacets et nous jouissons de jolies vues. Bientôt, nous arriverons au Mont-Lozère, lieu de villégiature des skieurs. La montée n'en a pas finie pour autant avec nous. Nous rentrons de nouveau dans le Parc National des Cévennes, et la route nous offre des panoramas à ne plus quoi en savoir faire. Bientôt, nous arrivons au panneau du col. Les 1541 mètres du col se méritent !

UCascade en montant l'Hermetne descente à couper le souffle s'annonce alors. Nous passons soudainement dans un milieu typiquement méditerranéen. Le changement est incroyable et avec ce soleil radieux, l'ensemble est féerique. Nous frôlons à plusieurs reprises les 60 km/h et ce pendant plusieurs minutes intenses. Nous arrivons à Pont-en-Montvert avec les yeux qui pétillent. Il est 14 heures, le beau temps et des randonneurs nous poussent à continuer. Nous passons la rivière Tarn par un joli pont et engageons nos montures sur une petite route à flanc de falaise. Cascades et vues sur les gorges sont légions et nous profitons de l'eau fraîche pour nous asperger copieusement.

Ça remonte dur jusqu'à Hermet et nous récupérons la D20 pour monter au col du Sapet. Pour une fois, ce col ne nous fait que très peu monter, nous longeons la courbe 1100 mètres tout en observant le massif du mont Lozère. Arrivés au col, nous rencontrons un groupe de randonneurs avec qui nous discutons de notre périple et de notre matériel. Nous les quittons avec le sourire en direction de Florac. De nouveau, une descente de 12 kilomètres s'annonce. Nous hésitons sur un carrefour car ici, point de balisage GTMC... Finalement, nous optons pour le GR70 qui nous fera passer un gué et relonger les gorges du Tarn. Exténués après les 65 kilomètres de la journée, nous plantons notre tente au camping de Bédouès, village juste avant Florac. Demain, les gorges du Tarn nous attendent de pied ferme avec de belles surprises vous verrez...

Cascade sur la route d'Hermet

Panorama sur les Cévènnes

Panorama Mont Lozère

Jour 10 : Florac – Saint-Énimie par les gorges du Tarn ~ 30 km

Pour cette dixième journée effective de notre GTMC VTT, nous partons de Bédouès où nous avons dormis dans un camping sympathique. La veille, nous en avions profité pour faire une lessive mais la nuit humide n'a pas permis un séchage correct et les vêtements viennent alourdir nos sacoches. Nous partons en direction de Florac où Flo se fera une joie de poser devant le panneau à cause de son prénom. Nous partons en quête d'un petit déjeuner et deux pains aux chocolats (chacun) nous remettrons d'aplomb. Devant la boulangerie, nous rencontrons un randonneur sympathique qui va à Saint-Enimie tout comme nous mais en passant par les montagnes. Le temps est brumeux mais le soleil ne devrait pas tarder à pointer le bout de son nez. Il nous raconte qu'il a vécu une tempête de neige sur le mont Lozère et qu'il espère voir les vautours aujourd'hui. Nous le quittons pour entamer sans le savoir, une des plus grosses étapes de la traversée. Il s'agit des gorges du Tarn.

Vue sur les gorges du Tarn

Gorges du Tarn

Au départ, un gros sentier nous fait monter et descendre. Nous distinguons la rivière Tarn en contrebas. Plus loin, nous aurons l'occasion de le distinguer depuis des belvédères. Il commence à faire chaud mais ne nous plaignons pas, le soleil est le bienvenu ! Nous nous dirigeons en direction de Quézac, bourgBourg de Castelbouc connu pour son eau gazeuse. Nous traversons un charmant petit village d'Ispagnac , le pont de Quézac et entrons dans Quézac. Nous nous régalons du magnifique paysage environnant.

Bientôt, les choses sérieuses arrivent et nous distinguons au loin le début des gorges du Tarn. Nous ne le savons pas encore mais les difficultés ne font que commencer. En effet, nous empruntons un petit sentier qui nous fait longer au plus près les gorges. Le chemin piétonnier est étroit et par endroit il est nécessaire de se mettre à deux pour monter les vélos. Porter, tirer, pousser sont des gestes épuisants pour le vététiste itinérant. De plus, il fait de plus en plus chaud et lourd ce qui n'arrange rien. Bientôt, non sans quelques souffrances et frayeurs, nous arrivons au bord de la rivière et nous en profitons pour manger. Nous n'avons quasiment pas avancé mais les paysages étaient grandioses ! On en profite quand même pour baigner nos pieds et croiser du regard les kayakistes qui vont bien plus vite que nous. Nous roulons de nouveau et prenons même une petite route qui nous offre de somptueux panoramas sur les falaises environnantes. Falaises qui proposent tout de même des dénivelés supérieur à 300 mètres.

A Castelbouc, lieu dit enchanteur, la ruine du château qui domine les gorges sur un éperon rocheux retient notre attention. Nous reprenons alors un petit chemin en direction de Saint-Énimie et Flo présage du pire en s'engageant sur celui-ci. Effectivement, elle a eu bon flaire car le parcours devient encore plus critique que le chemin précédent. Par endroit, le chemin est très étroit et s'est effondré. Soudain, de gros nuages sombres passent au dessus de nos têtes et un orage de grêle se met à tambouriner. Nous mettons nos vestes et nous abritons sous un arbre avec un couple de randonneur surpris par le tonnerre. Heureusement, l'orage ne s'attarde pas mais la sente est maintenant inondée et glissante. Les randonneurs nous annoncent qu'iPassage à gué avec arbre couchél y a encore une bonne heure de marche. La galère devient de plus en plus ingérable et les passages de plus en plus difficiles. Les nombreux rochers glissants, l'eau, les montées courtes mais infernales se succèdent. L'épreuve ultime de ce parcours s'offre à nous, il s'agit de passer un gué avec un arbre couché par dessus...

Par chance, les vélos se glissent dessous après les avoir déchargés de leurs sacoches. Par deux fois, je fais le singe au dessus du cours d'eau et marchant sur des troncs roulants. L'épreuve fût rude pour les nerfs et Flo arrive au bout de ses limites. Je la réconforte et nous continuons à pousser pour sortir de cet enfer. Le Tarn aura presque eu notre peau. Finalement, nous débouchons sur une zone pour tourisme vert et traversons un pont pour rejoindre la route qui nous emmène à Saint-Énimie. On aurait pu continuer sur le chemin mais on pense avoir eu notre dose et nous avons bien fait...car dans un bistrot à Saint-Énimie, nous rencontrons de nouveau les randonneurs croisés sous l'orage et ils nous disent que la fin du parcours était horrible avec de nombreux arbres couchés. Il faut dire que récemment, une crue gigantesque a bouleversé l’écosystème des gorges du Tarn et les séquelles sont encore bien visibles. Le camping où nous logerons le soir nous le confirmera, il y a quelques mois, le camping était aux trois quarts sous les eaux. Le soir, un second orage bien plus violent que le premier nous prendra presque de court. Par chance, nous avons le temps de monter la tente et de nous abriter sous un toit pour admirer le spectacle superbe et terrifiant à la fois. Ici, dans les gorges, le tonnerre fait un bruit monstrueux du fait de la résonance. A plusieurs reprises, la foudre ne tombera pas loin de nous. Nous espérons que le randonneur vu ce matin est déjà arrivé à Saint-Énimie et n'a pas eu à affronter les foudres de Zeus !

Vue sur les gorges du Tarn

Environs de Castelbouc

 

Jour 11 : Saint-Énimie – Cabrillac ~ 45 km

Gorges du Tarn depuis le col de Coperlac

Gorges du tarn – vue de la départementale D986 (vers le col de Coperlac)

Après avoir méchamment galérer hier pendant une trentaine de kilomètres le long des gorges du Tarn, il nous faut aujourd'hui en ressortir. Pour ce faire, le col de Coperlac - renommé Col de Copernic pour l'occasion - doit nous faire gagner pas moins de 500 mètres de dénivelé positif. Nous partons à la fraîche pour Cheveaux de Przewalskiaméliorer notre rendement mais aussi et surtout pour éviter de se prendre un orage en fin d'après-midi. Il nous faut pas moins d'une heure trente pour nous extraire des gorges mais à la clé, nos yeux ont pu embrasser un paysage tout en verticalité.

Un des plus beaux paysages de la traversée si le temps est avec vous ! De nombreux lacets plus tard, nous arrivons au col et prenons la direction de Mas-Saint-Chély. Nous suivons ensuite une route délicieuse, nous sommes sur les Causses de Méjean. La traversée de plusieurs petits villages plus tard, nous rencontrons l'élevage des chevaux de przewalski. C'est le cheval qui a été dessiné dans les grottes de Lascaux. Il est élevé ici pour être réintroduit et augmenter les populations restantes en Mongolie. Plus loin, nous avons même le privilège de traverser leur parc sur 300 mètres. Privilège mérité car une énorme côte nous barrait la route et la longue poussette laisse sa trace sur nos jambes.

Chevaux de przewalski

Le paysage est remarquable et les roches affleurant le sol par endroit sont sensationnelles. On est aussi étonné de voir que dans ce sol pauvre, certaines bandes de terre soient cultivés. Nous apercevons même quelques vautours se rassasiant peut-être, d'un « GTMCiste » mort de fatigue.... Chemins faisant, nous nous dirigeons vers le col de Perjuret puis de Fourques...il s'agit de la route permettant d'effectuer l'ascension du Mont-Aigoual. La montée est rude et la chaleur intense. Doucement mais sûrement nous arrivons au village désertique de Cabrillac. Le Mont-Aigoual n'est plus qu'à 8 kilomètres mais nous décidons d'arrêter là pour aujourd'hui. Nous suivons alors un petit panneau indiquant un gîte d'étape à 500 mètres (nous l'avions repéré sur la carte Top25 achetée pour l'occasion). A l'arrivée, nous nous rendons compte que ce dernier est fermé mais qu'au fond, un local a été laissé ouvert. Il s'agit d'un refuge construit et entretenu par des jeunes. Il est très bien aménagé et ce confort - bien que spartiate - est appréciable et permet de s'assurer d'être au sec et en sécurité même si un orage violent éclatait. D'ailleurs, de gros nuages commencent à s'accumuler au loin et les orages sur le Mont-Aigoual sont réputés pour être des plus violents. Il est encore assez tôt et nous en profitons pour nous reposer, chercher du bois pour le soir et contempler la très belle vue offerte depuis les bancs du refuge. Flo s'essaye même au dessin pendant que je rêvasse du chemin parcouru et de celui restant. Il faut dire qu'après le Mont-Aigoual, la mer n'est plus très loin et sans nous en rendre compte, les trois quarts de la traversée sont déjà effectués. Le soir commence à s'écouler et après un feu chaleureux, nous nous endormons sur le bruit des grêlons tombant d'un bout de l'orage venu nous dire bonne nuit.

Panorama sur les causses Méjean

Causses Méjean

Jour 12 : Cabrillac – Dourbies ~ 50 km

Panorama en montant le mont aigoual

Montée au Mont Aigoual

Suite à une nuit fraîche dans le refuge des Drailles à Cabrillac, nous enfourchons nos montures à 7 heures 30 dans le brouillard naissant en direction du point culminant de notre aventure. Le Mont-Aigoual se positionne comme une véritable vigie à 1565 mètres et doit nous offrir une vue incroyable sur les massifs environnants. Pour gravir les quasi 500 mètres de dénivelés restant, nous optons pour la route afin d'éviter de trop pousser et pour échapper rapidement au brouillard qui monte. Petit à petit, nous grimpons et passons les bornes kilomètriques. Soudain le brouillard laisse sa place au ciel bleu. Ainsi, le soleil nous donne la force nécessaire pour atteindre le somment en moins d'une heure. Toute la vallée est sous le brouillard, seuls les plus hauts sommets tirent leurs épingles du jeu. Côté Sud la vue est plus dégagée et le paysage forestier ondule entre crêtes et vallons.

L'observatoire météorologique permet de s'élever un peu plus afin d'avoir une vue à 360 degrés. Le moment est magique. Un groupe de vététistes semble également faire la GTMC mais sans bagages. Ces derniers semblent étonnés lorsqu'ils aperçoivent nos montures. Ils partent et nous les suivons. La descente sur route nous emmène au col de Prat Peyrot et nous quittons cette dernière pour un chemin de terre. Nous bifurquons alors à gauche sur un GR Cascade dans les gorges de Trevezelqui va nous réserver quelques moments de galères. En effet, le chemin est complètement raviné. Entre racines et crevasses, nous luttons tant bien que mal pour nous extirper de cette mauvaise passe au plus vite. Plus loin, une descente en taule ondulée nous fait récupérer une route et un chemin en direction de l'abîme de Bramabiau. Apparemment payante, nous n’effectuons pas l'excursion et continuons sur un chemin longeant les gorges. Ce dernier devient extrêmement boueux mais il paraît que c'est bon pour la peau alors nous en profitons étant donné que c'est gratuit ! Plus loin, nous rencontrons pas mal de randonneurs dont un couple de savoyards avec lequel nous discutons un moment. Ils effectuent le GR62 en direction de Montpellier. Nous les quittons et débouchons sur une route le long des gorges de Trevezel.

L'étroite route nous fait descendre dans des paysages grandioses et au lieu de suivre la GTMC dans une étape aux chemins annoncés étroits, nous continuons la route en direction de Trèves. Nous déjeunons à Trèves où un casse-croûte très copieux nous sera servit. Parfait avant d'entamer une grosse ascension en direction de Dourbies ! Le double col à franchir sous une chaleur féroce est spectaculaire. Les lacets se succèdent et nous font grimper, grimper mais les nuages noirs ci et là nous font craindre un orage. Enfin, le premier et le second col sont passés et une descente plutôt tranquille nous emmène à Dourbies non sans nous avoir mis à disposition des vues vertigineuses sur les gorges de la Dourbies. Ces vues ne sont d'ailleurs pas trop du goût de Flo qui préfère à un passage - il est vrai, vertigineux - pousser le long de la montagne pour s’éviter la vue du vide. A Dourbies, nous trouverons notre second gîte d'étape où pour quelques euros, nous dormirons dans une maison typique totalement rénovée pour accueillir les voyageurs itinérants en quête d'une douche et d'un toit. Ce gîte d'étape nous évite de subir la bonne pluie du soir.

Jour 13 Dourbies – La vernède ~ 52 km

Gorges de la DOurbies

Gorge de la Dourbies

Aujourd'hui et après une analyse de la situation et des étapes de la GTMC, nous optons pour un demi tour stratégique en direction de Saint-Jean-du-Bruel. De ce fait, nous remontons le col des pierres plantées avec à la clé les magnifiques vues sur les gorges de la Dourbies. Une fois le col atteint, nous engageons nos roues sur une descente fantastique qui nous amène en deux temps trois mouvements à Saint-Jean. APassage difficile VTT, portage des affairesu petit casino du coin, nous faisons quelques achats et rencontrons un trike (vélo couché à trois roues).

Il s'agit du vélo de la gérante qui a fait un tour d'Europe avec son compagnon il y a quelques temps. Elle nous fait même essayer l'engin et parlons de « couch surfing », le célèbre réseau solidaire d'accueil des voyageurs. Comme quoi la communauté du voyageur à vélo est partout, même là où on ne l'attend pas ! Nous quittons le village en direction de Sauclières où une bonne grimpette nous fait souffrir bien que nous commençons à avoir les mollets en forme. Heureusement, il fait encore un peu frais et nous rejoignons la ville où nous retrouvons le balisage GTMC.

Nous le suivons et ce dernier nous emmène en réalité dans un cul de sac. Nous sommes obligés de porter le matériel sur le dos et passer un talus pour rejoindre la route. La GTMC réserve toujours quelques petites surprises, soyez en sûr ! Nous continuons à grimper et arrivons au col. Le balisage nous fait bifurquer à gauche, nous entrons dans le Larzac.

Une petite pause s'impose à l’abri d'un petit pin. L'aventure continue dans un chemin rocailleux à souhait mais ludique. La Couvertoirade, village fortifié, ne tarde pas à s'offrir à nous. Une petite visite des lieux s'impose et Boite à lettres décorée par un moutonl'endroit bien que touristique est sympa à faire. Nous repartons sur le chemin qui nous fait traverser les étendues caractéristiques du plateau du Larzac. Il est 14 heures mais déjà les nuages d'orages s’amoncellent ci et là et pourtant nous continuons sur cette étape annoncée roulante. De toute manière, vu la qualité du sol, il nous serait impossible de planter la tente ici. L'orage à l'Est se confirme et il se fait de plus en plus pressant de trouver un abri. Nous trouvons ce dernier dans le petit village de Saint-Michel-d'Alajou. Mais avant, il est nécessaire de franchir une belle bute pour y arriver. Nous nous abritons sous un toit recouvrant les anciens lavoirs et nous entamons la discussion avec un ancien qui plante ses poireaux. L'accent y est bien marqué et nous peinons parfois à comprendre ce qu'il nous dit. Pour sûr, nous sommes dans le sud de la France ! La pluie tombée, nous repartons en direction de la Vernède, non sans avoir appelé le gîte d'étape situé en pleine « pampa Larzaquienne ». Pour 20 € pour deux, un bâtiment chaleureux nous accueille et nous offre un toit, ici, perdu au milieu de nulle part. Nous ne sommes plus très loin de la mer et demain nous pensons arriver à Sète en évitant Montpellier. La fin du voyage commence à se préciser mais la mer se mérite et demain, une grosse journée s'annonce.

Panorama paysage du Larzac

Panorama sur le Larzac

Jour 14 : la Vernède – Sète ~ 100 km

Panneau danger vélo voitureNous partons tôt ce matin pour la fraîcheur et nous nous dirigeons par les chemins et par la route en direction de Sète. Nous passons un petit col pour arriver en début de matinée au col du Vent. La GTMC fait en théorie passer par le Mont-Saint-Baudille mais l'étape est annoncée comme la plus technique de toute la traversée à cause des chemins extrêmement caillouteux. Nous préférons opter par la solution 100% plaisir en prenant la descente du col du vent. 

Et nous avons bien fait car les vues sont superbes et la descente tout simplement hallucinante. Il faut dire que le dénivelé est copieux et pendant de longues minutes, nos yeux s'émerveillent devant la splendeur des lieux. Nous rencontrons de nombreux cyclistes grimpants le col pour s’entraîner. Nous filons à plus de 50 km/h et ne tardons pas à rentrer dans la fournaise méditerranéenne. A Saint-Jean-de-Fos, nous prenons un verre dans un bistrot et continuons la route en direction du pont du diable. Le pont du diable nous fait traverser le gorges de l'Hérault et nous en profitons pour faire une photographie de nous deux. A savoir que le village de Saint-Guilhem-le-Désert est à faire si vous ne l'avez pas vu. Bien-sûr, Une grimpette vous attendra de pied ferme. Nous continuons la route et suivons la GTMC pour nous arrêter un peu plus loin car la fatigue se fait sentir à cause de la chaleur. Nous pensions avoir du plat après le col du vent mais il en est rien et l'arrière pays de Montpellier ne se laisse pas faire ! Après un petit repas à l'ombre et quelques discussions avec les randonneurs longeant le GR, nous repartons pour quelques belles montées en plein cagnard.

Vue depuis le col du Vent

Vue du col du vent

Le pont du diable au dessus de l'héraultNous mouillons abondamment nos têtes qui sont recouvertes par un foulard. La climatisation manuelle en quelque sorte. Bientôt, nous sortons de la GTMC pour couper en direction de Sète. Nous partons vers Pignan et un col dans un paysage désertique nous flanque un coup de chaud. A Pignan, on prend une bonne heure à l'ombre d'un bistrot avant de reprendre la route. De Pignan, nous nous dirigeons vers Cournonteral par une piste cyclable. A partir de là, il nous fait prendre une départementale étroite entre platane et camions... L'ascension est ardue surtout que le soleil nous plombe mais ce n'est rien par rapport à la circulation intense dont nous n'étions plus habituer à côtoyer depuis Clermont-Ferrand. Bientôt, au sommet, nous trouvons un chemin de terre et la vue fait plaisir à voir. La mer méditerranée, la fameuse est là, devant nous. La descente nous emmène à Vic-la-Gardiole. Plus loin, nous accrochons la piste cyclable le long de la D60. Nous rencontrons alors deux extra-terrestres sur cette belle piste. Il s'agit de deux voyageurs itinérants à Rollers. Je n'en crois pas mes yeux !

En faite, il s'agit de Bertrand qui effectue un tour de France en Rollers avec une remorque monoroue qu'il pousse. Son ami l'accompagne pour la journée.(blogdebertrand.blogspot.fr) Nous discutons avec, faisons une photo et roulons un moment avec eux. C'est Voyageurs itinérants en rollerssuper ce qu'il fait et nous lui souhaitons bonne chance. Nous continuons et longeons Frontignan plage durant de nombreuses minutes et le vent de face ne nous lâche pas. Bientôt, la piste cyclable s'arrête et nous nous engageons sur un rond point mortel qu'il faut négocier avec grande prudence.

Ce rond point débouche sur une double voie non protégée pour les pauvres cyclistes que nous sommes. Heureusement, nous arrivons bientôt au centre de Sète mais avec quelques petites frayeurs. Tout simplement honteux de la part de cette ville et agglomération de ne pas avoir sécurisé ce tronçon. Ce soir, nous dormirons dans un hôtel et commencerons tout doucement à nous rendre compte que la GTMC a été effectué en une quinzaine de jours et que demain nous tremperons nos vélos dans cette gigantesque étendue d'eau salée qu'est la mer Méditerranée.

Voyageur à vélo à Sète

Arrivée à Sète après 100 km

Jour 15 : Sète – Montpellier ~ 60 km

Hier soir, nous avons vu la mer, nous l'avons longée mais l'idée était de la toucher et d'y tremper les roues de nos vélos afin de finir pour de bon cette traversée des puys à la mer. De ce fait, nous traversons la ville de Sète pour nous diriger vers l'immense plage reliant Sète à Agde. Cette plage fait également office de lido entre la mer et l'étang de Thau. Dommage qu'il y ait toujours plus de constructions sur cette bande dunaire alors que la loi littoral interdit toute construction à moins de 100 mètres de la mer mais il y a toujours des exceptions dans la loi Française... Qu'importe, nous trouvons tout de même pas mal de pistes cyclables et arrivons sur la plage où nous poussons nos vélos dans le sable fraîchement nettoyé.

Nous galérons et nous nous rendons compte que le sable n'est pas l'ami du cycliste mais nous savourons le moment. Ça y est, la mer méditerranée est là, devant nous. Il y a plus de quinze jours, nous partions de Clermont-Ferrand et après plus de 750 kilomètres nous voilà au bout de notre objectif. Une multitude de sentiments parcourent l’entièreté de notre corps. L'euphorie bien-sûr car nous sommes heureux d'avoir réussi à affronter le massif central. Il y a aussi un peu de peine car la fin pointe le bout de son nez. Mais déjà d'autres idées émergent et les grandes traversées VTT des Vosges, du Vercors, du Morvan nous attendent. Avant de partir en direction de Montpellier, nous prenons quelques photographies et une belle pause devant cette étendue d'eau salée. C'est ressourçant et reposant. Nous croisons de nouveau Bertrand avec ses rollers en direction de Béziers.

Fin de la GTMC sur la plage de Sète

Mais déjà, nous remontons sur notre monture car la température ne cesse d'augmenter. De plus, nous savons que le trajet Sète-Montpellier va être épique du fait de l'énorme densité de population et donc de voitures. Il existe bien quelques pistes cyclables mais comme nous l'avons La mer méditerranéevu hier en rentrant dans Sète, certains tronçons ne sont pas interconnectés et ces passages sont tout simplement dangereux. On devrait faire rouler en vélo nos décideurs un moment sur ces passages, cela devrait les décider justement... Bref, nous trouvons une solution pour esquiver la double voie pratiquée hier au soir en passant par une petite route qui nous emmène vers Frontignan. Bien-sûr, aucune indication pour les touristes à vélo. On réussit à rentrer à Frontignan et traversons la ville pour déboucher sur une départementale mortellement dangereuse (D612).

Heureusement, nous trouvons une petite route 500 mètres plus loin qui nous permet de récupérer la piste cyclable le long de la D60. Vers midi, nous arrivons vers Vic-la-Gardiole et nous faisons un arrêt dans le bistrot du coin. Il doit faire 30 degrés et l'arrêt est recommandé. De nouveau, la piste cyclable disparaît en direction de Villeneuve-lès-Maguelone mais la route est moins fréquentée.

Un peu plus loin, nous accrochons une piste cyclable en construction et traversons le village de Villeneuve. Nous suivons la piste mais cette dernière ne nous emmène pas dans la bonne direction. Nous demandons renseignements et il est en fait nécessaire de quitter la ville pour retrouver plus loin une autre piste. Bien-sûr, mettre une indication relève de l'effort sur-humain... Nous voilà sur une piste le long des étangs d'eau saumâtre et nous débouchons sur un immense rond point où la piste s'arrête nette. On commence à s’habituer mais l'énervement ne passe toujours pas... On en arrive même à s'engager en direction d'un panneau piste cyclable qui nous emmène sur une double voie à 110 km/h. Les locaux essaieraient-ils de tuer un maximum de cyclistes afin de ne pas investir dans des réseaux cyclables ? Demi-tour, et nous reprenons la piste en direction de Palavas-les Flots où la piste s'arrête nette. Nous savons que par ici, il y a une piste nous menant jusqu'à Montpellier mais faut-il encore la trouver. En-faite, elle se situe de l'autre côté, merci au cycliste passant par là... Il faut bien-sûr passer un rond point sans se faire butter par un automobiliste peu regardant...

Vue sur le Lido de Sète à Adge depuis le Mont Saint-Clair

Vue sur le lido de Sète à Agde depuis le mont Saint-Clair

Nous voilà sur la piste en direction de Lattes qui longe le Lez. A Lattes, nous interpellons un autre cycliste qui nous met sur la dernière piste qui nous emmènera à Montpellier ! La voiture, cette reine de la route et des terres a encore de beaux jours d'hégémonies devant elle. Force est de constater qu'il y a bien des aménagements pour les cyclistes mais un gros point noir est à souligner, celui des interconnexions entre ceux-ci. En effet, à plusieurs reprises, nous nous sommes retrouver dans des situations dangereuses alors qu'il aurait fallu parfois 50 ou 100 mètres d'aménagements en plus pour qu'il n'y ait aucun souci. A quand une véritable politique logique et homogène sur la gestion du flux des cyclistes ? Nos dirigeants savent très bien faire du « greenwashing » dans leurs discours mais quand il s'agit de transposer les idées à la réalité, il semble n'y avoir plus personne ! Voilà pour le coup de gueule... A 16 heures, après 60 kilomètres, nous sommes en plein cœur de Montpellier, ville apparemment agréable à vivre et dynamique. Nous sommes plutôt en avance sur le calendrier car notre train est dans une petite semaine. Il faut dire qu'à part les journées de pluies, nous avons plutôt bien géré la traversée et aucun gros problème physique ou mécanique nous est tombé dessus. Notre GTMC VTT en autonomie est donc bouclée et il nous faudra quelques jours pour prendre toute conscience de ce que nous avons réalisé. Nous allons maintenant nous reposer et prendre du bon temps dans cette ville méditerranéenne où des amis nous ouvrirons leur porte alors que nous fermons la notre sur cette dantesque traversée Française.

VTT devant la mer méditerranée

Les vélos prennent du bon temps sur la plage, gravure "GTMC fin" dans le sable

V] Conclusion

La Grande Traversée du Massif Central est un concentré d'émotions fortes qui ne laissera personne indemne. La difficulté est partout. Que ce soit physique, climatique, psychologique ou technique, il faut être conscient que partir en autonomie sur cette aventure réserve des surprises. Pourtant, tous ces efforts sont à la hauteur des paysages rencontrés et des moments fabuleux passés. Le parcours est somptueux même si par moment, il est difficilement praticable. L'orientation n'est pas en reste et même si le balisage est souvent présent, il faut être conscient qu'il n'est pas toujours très bon, détruit ou tout simplement inexistant. Comme nous l'avons vu, il faut donc être en mesure d'affronter les épreuves comme elles viennent mais aussi être capable de construire sa propre GTMC. Les conditions climatiques ne nous ont pas épargnés, les reliefs non plus. Pour autant, nous nous sommes régalés et sommes ressortis complètement dépayser. La sensation de solitude que nous a offert parfois cette traversée est sans commune mesure avec ce que nous avons pu rencontrer durant nos autres voyages à vélo.

La diversité des paysages, les façons de vivre, les richesses culinaires et la gentillesse des locaux nous ont laissé pantois. En effet, sur 500 ou 600 kilomètres à vol d'oiseau, vivre une telle diversité est sans doute une des chances fabuleuse de notre beau pays. Pourquoi alors partir à l'autre bout du monde alors que le bonheur est à notre porte ? Pour ceux et celles qui souhaitent tenter l'aventure, nous ne pouvons que vous dire allez-y, lancez vous, vous serez récompensés de vos efforts ! Attention pour autant car cette traversée exigeante n'est pas à prendre avec des pincettes et une ou plusieurs expériences plus courtes comme la GTJ (Grande Traversée du Jura) sont sans doute recommandées. Partez également avec du matériel costaud et en qui vous avez confiance. Aussi, ne partez pas avec un kilométrage fixe tous les jours car les difficultés arrivent vite et sont parfois inattendues. Le bon exemple est les gorges du Tarn qui avec son profil d'altitude plat nous a quasiment mis sur les rotules. Pour finir que dire si ce n'est que cette traversée restera gravée à jamais dans nos têtes et nos cœurs comme un moment formidable mais sur lequel il aura fallu donner du sien, de sa passion et de son énergie pendant les gros 700 kilomètres à parcourir. Je tiens aussi à féliciter Flo qui a su encore une fois me montrer tout son talent pour le VTT, le voyage itinérant et sa résistance physique tant que mentale. Ce voyage a comme toujours participé au renforcement de notre compréhension mutuelle et donc de notre amour l'un pour l'autre. Je souhaite aussi lui faire honneur pour sa gestion de notre orientation car c'est bien elle qui a géré le topoguide sur son vélo du début à la fin. Loïc est aussi à féliciter et remercié pour son soutien et sa maîtrise du vtt. Merci de m'avoir soutenu sous la pluie diluvienne, dans le brouillard où j'ai dû mal à m'orienter et dans les passages vertigineux. Voilà encore une fois, l'importance d'avoir entière confiance et soutien en son partenaire, les difficultés passent plus aisément.

Moutons, berger et chien dans les causses

Cliché du berger avec son chien et ses moutons dans les Causses Méjean

VI] Statistiques

1) Nombres de nuits par type d'hébergement

 

  • Bivouac : 5
  • Camping : 2
  • Gîte d'étape : 3
  • Hôtel : 3
  • Gîte/ Auberge : 2
  • Refuge : 1

 

2) Généralités

  • Kilométrage total : ~ 800 || Moyenne ~ 10 à 11 km/h
  • Nombre de jours : 16 dont un de repos
  • Durée de pédalage : ~ 80 heures
  • Pneus crevés : 2 (un chacun)
  • Fromages consommés : Salers, Cantal, Saint-Nectaire, Bleu d'Auvergne (plusieurs kilos)

VII] Retour sur le matériel et le parcours

Je pense qu'il est opportun de faire une retour sur le matériel utilisé durant cette traversée VTT. Comme vous l'avez constaté, la liste de notre matériel est disponible en début de récit. Petit à petit, nous privilégions le matériel léger et haut de gamme afin d'être en mesure de compter sur celui-ci durant les coups durs. Flo, avec son système de porte bagages s'est très bien comporté même si parfois elle a eu des difficultés sur les passages étroits. En effet, les sacoches ont pour conséquences d'élargir le vélo et les passages sont rendues ardues. Heureusement pour elle que les Vaude Aqua Back Plus s'accrochent et se décrochent aisément. Elle a eu à subir une crevaison et un problème sur ses freins arrières. Quant à moi qui suis partis avec la remorque Beez, je suis très satisfait de son comportement en tout terrain et sur route. Et pourtant, je peux vous l'assurer, j'ai fait le bourrin par moment et ce fût très agréable. J'ai tout de même réussi à casser le garde boue. L'axe est très bon même s'il n'est pas tout à fait pratique lorsqu'il est nécessaire de démonter/remonter la remorque lors des transports en commun par exemple. Un test complet paraîtra bientôt. Sinon, mon VTT à très bien tenu le choc mis à part le câble du dérailleur arrière qui a subit un choc et une crevaison, rien à déplorer (sauf peut-être les freins qui couinent). Seul le GPS Garmin âgé de trois ans nous a complètement lâché dans la Margeride alors que nous en avions justement besoin. Son étanchéité a donc été très limitée et nous le ferons remarquer en faisant une mise à jour sur son test.

Tout le reste a su nous satisfaire et en premier lieu le matériel du bivouac qui est composé d'une excellente tente Vaude, de très bon matelas de sol Exped et de sac de couchages royaux signés Triple Zéro. Le réchaud à bois avec le Kuenzi est une des meilleures façon de faire pour partir léger et rester en harmonie avec la nature. Par-contre, ce système peut montrer ses limites dès que l'on commence à approcher des climats secs car allumer un feu même dans un réchaud peut être interdit et dangereux pour l'environnement. C'est pour cela que l'on avait couplé le réchaud bois à un petit réchaud gaz japonais de très bonne facture (réchaud Soto). Les habits de pluies made in Vaude sont excellents même si la veste a eu quelques infiltrations sous la pluie diluvienne. La solution Veste + pantalon + sur-chaussures de pluie reste tout de même une solution efficace et bien plus respirante et pratique qu'une cape de pluie. Nous n'avons donc pas la liste ultime et il est bien-sûr possible de partir plus léger mais nous n'avons pas vraiment subit notre chargement comme un boulet à traîner et nous avons amplement profité de moments géniaux à faire du VTT en toute liberté et avec un confort certain.

Si vous avez pris le temps de lire ce récit, nous vous remercions. Aussi, n'hésitez pas à venir sur notre site Internet ainsi que sur notre Forum de discussions si vous avez des questions où que vous souhaitez réagir par rapport à ce récit de voyage. @ Très bientôt sur www.partir-en-vtt.com !

Coupe de vététiste de partir-en-vtt.com 

Nous avons réussi et sommes toujours aussi fougeux qu'avant !

Le PDF de l'aventure est disponible en télchargement : GTMC VTT 2012, le récit en PDF (5mo).

 

 

VIII] Bonus : Vidéo de notre GTMC VTT

 


Vidéo produite à partir des images de la caméra de sport Drift HD !

Flo & Loïc

GTMC VTT 2012

www.partir-en-vtt.com

Mail : admin@partir-en-vtt.com

Logo partir-en-vtt, vélo sur planète

 

 



Posté le 28/03/2012 à 20h18 par Loic
M.à.j le 27/09/2012 à 09h42

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